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Monde de l’auto : le salon de Lyon mise sur les distributeurs régionaux

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  • Portrait : Carla Gohin, directrice de la recherche, de l’innovation et des technologies avancées du groupe PSA
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mercredi 12 juillet 2017

Sémantique automobile

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« Automobile » est à l’origine un adjectif qui qualifie une voiture capable de s’auto-propulser, à la différence des hippomobiles ou « voitures à cheval ». La voiture auto-mobile a permis à son utilisateur d’être « mobile par lui-même », lui a offert la liberté de se déplacer plus loin, et ce rêve automobile a longtemps vécu…

Parler d’ « auto » ou d’ « automobile » est aujourd’hui désuet, sauf dans l’univers justement automobile où la considération de cet objet est plus forte, plus systématique et, comme chacun sait, souvent passionnée. L’ancienne abréviation populaire, “voiture”, devenue le substantif standard n’a plus qu’un potentiel informatif faible tant elle “tombe sous le sens” justement. Ce moyen d’émancipation joyeuse étant passé au rang d’outil quotidien incontournable, puis à celui d’ennemi des villes et de la santé publique, il est logique que la banalisation et la polémique aient provoqué une sorte de rétractation du sens. Les pro’s pulsion et les anti’s ont eu tout ensemble raison de son ancienne vigueur sémantique consensuelle.

La voiture a connu sa querelle du genre, le genre masculin ayant eu quelques défenseurs jusqu’en 1944 alors que l’Académie française avait depuis longtemps statué pour le genre féminin. La voiture apparaissait de toute évidence comme un objet masculin et si ce nom est finalement devenu féminin, c’est sans doute que des hommes l’ont perçu(e) comme un objet de désir. Les femmes se sont plutôt approprié la fonctionnalité auto-mobile que l’objet mythique, mais la distribution et l’après-vente leur offrent encore l’occasion d’y faire l’expérience de la domination du genre masculin « Ah ma petite dame, si votre mari préfère la berline ! ». Pour illustrer cette oscillation persistante entre un féminin générique faible et un masculin qui ferait davantage sens, citons la question posée dans un sondage sur un forum automobile et les réponses à cette question : « Je voulais juste savoir si on disait plutôt un ou une voiture ? De plus en plus j’entends ou je lis sur le forum “j’ai un E36”, “j’ai un souci sur mon C3”, “j’ai acheté un 306TD”.... Je trouve ça bizarre alors je me demande si c’est pour être plus “IN”, ou si désormais dire qu’on a une Mercedes est has been.

Si on appelle sa voiture par la marque ou le modèle, on dit UN ou UNE ?

- 1. UNE, sauf si c’est un 4x4, un monospace ou à la limite un coupé ou cabriolet (76,9 %, 30 votes).
- 2. UNE inconditionnellement, surtout si on est amoureux… (15,4 %, 6 votes).
- 3. UN, toujours, ca a l’air plus solide… (5,1 %, 2 votes).
- 4. UN, parce qu’on ne parle que du moteur… (2,6 %, 1 vote).

Cet échantillon de passionnés de l’automobile nous dit que la voiture générique est bien féminine, mais le masculin s’y substitue dès lors qu’on évoque une carrosserie qui a du caractère - « UN 4x4 » - ou des moteurs « UN 306TD » : la valeur préjugée du genre masculin s’impose à certains hémisphères gauches dans lesquels loge normalement la sphère du langage. La norme grammaticale stipule qu’une marque (mon C3) n’a pas de genre, mais on distingue bien “une Renault“ d’“un Renault“, la première désignant une voiture de marque Renault et le second un salarié de ladite marque. Dans un registre plus commun, on parle volontiers aujourd’hui de diesel, d’électrique, d’hybride, d’essence en omettant d’expliciter le générique « voiture » ; le mode de propulsion agit au contraire des passionnés, dans le contexte actuel comme un « disqualificatif », « pouah » pour ces diesels qui nous polluent, « beurk » pour les électriques qui ne s’auto propulsent pas très loin, « hum » mitigé pour les hybrides, tandis que l’essence reste la voiture « normale ». Les designers et les concepteurs produit se sont battus pour la ré-enchanter, du monospace au 4x4, en passant de manière paradoxale par le low cost. Avec une innovation sur le mode de propulsion, la qualification d’ « électrique » lui a bien réinjecté un peu de sens grâce au charme discret de son intelligence, mais avec un succès relatif. A contrario, la qualification d’« autonome » semble la propulser dans un autre univers qui, s’il n’est pas effectif, réinvente du rêve et lance sur cette piste bien des entreprises au-delà de l’industrie automobile, des startups aux grosses SSII sans oublier Google. Reprenant curieusement le préfixe « auto », autonome introduit le sens de « règle », « gouvernement » (du grec nomos), la voiture autonome étant donc celle qui obéit à ses propres directives, qui s’autogouverne. Mais quel paradoxe pour les automobilistes ! Où seront le plaisir de conduire et l’attractivité dans cet objet qui se réalise d’autant plus qu’il sait se faire oublier ? La sécurité, voilà ce que raconte le nouveau désir technique des ingénieurs, les conducteurs n’ont plus qu’à faire confiance à leur talent de concepteurs pour doter la voiture d’intelligence artificielle et à apprécier la possibilité de faire autre chose que de conduire. Après la 1ère révolution automobile qui a promu l’individu qui se déplace en toute indépendance et qui bute aujourd’hui devant ses propres contraintes (congestion, émissions, pollution, …), voici venir le nouveau rêve en creux de la robotique des déplacements autonomes.

Monique Touati touatimonique@yahoo.fr est membre de Team Auto

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