Les eurocrates
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Ils sont perturbants les eurocrates ! Souvent inaccessibles et fuyant parfois les médias, ils donnent l’impression de vivre en vase clos. Dans une sphère ouatée où ils formalisent leurs convictions, puis établissent les textes qui normalisent l’activité économique et financière du Vieux Continent. Comme les dirigeants de nombreux États démocratiques, ils prennent grand soin de consulter longuement les acteurs et les parties prenantes des mondes qu’ils comptent réformer. Quitte à faire preuve d’une amnésie leur permettant de se dédouaner d’opinions de nature à déranger leurs certitudes. Que des consommateurs se déclarent favorables à une réglementation qu’ils veulent faire disparaître, et ils peuvent oublier ceux qui leur ont murmuré à l’oreille. Qu’un règlement, rédigé par leurs soins pour favoriser la concurrence parvienne à ses fins, et ils seront capables de l’éliminer si bon leur semble, en faisant fi des paradoxes. Comme on abandonnerait un code de la route trop bien appliqué par les conducteurs…
Que la planète flambe, que la crise frappe des industriels ou des PME qui font vivre une majorité d’Européens n’est peut-être pas totalement leur affaire ? Au fond, qu’importent ces turbulences locales puisque l’administration européenne leur permet de continuer à exercer durablement leurs pouvoirs.
L’ennui ? C’est que d’autres risquent de souffrir de leurs décisions.
Ceux qui ont engagé leurs moyens et leurs vies dans une aventure professionnelle exigeante et qui se demandent combien de temps leurs banquiers soutiendront leur trésorerie, ou se comporteront après avoir découvert des bilans fragilisés.
L’ennui ? C’est que les réalités techniques et commerciales du terrain contredisent fréquemment la teneur des théories de chambres fortes. Attention, danger ! Encore un peu, et ce genre de hiatus pourrait provoquer de sacrés naufrages.
Tiens, l’avenir du règlement européen d’exemption concernant le secteurde l’automobile est soumis à leur analyse. De quoi se ronger les ongles. Et les prier de mieux tenir compte des considérations qui leur sont adressées. Sur fond de ciel d’orage.

