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vendredi 22 septembre 2017

La culture de l’apprentissage existe-t-elle dans la distribution et la réparation automobile ?

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A première vue c’est une évidence en considérant l’offre existante des différents CQP, des formations en alternance des CFA et des contrats d’apprentissage ou de professionnalisation proposés par l’éducation nationale. Mais a bien y regarder, la demande des entreprises apparaît faible aux regards des nombreuses sollicitations que nous recevons de la part des centres de formations, qui ne savent quoi faire dans l’urgence du début des cours pour placer leurs élèves en entreprise malgré une pénurie de collaborateurs ressentie sur tout le territoire. Le sourcing des besoins en recrutement des entreprises, sous prétextes de rapidité d’intégration, de rentabilité de production et de disponibilité des managers, passent trop peu par ces filières.

Le fait empêche l’interaction entre formateurs, stagiaires et entreprises, il prive les programmes des évolutions naturelles que ces échanges auraient pu provoquer et creuse le décalage entre l’offre et les besoins. Pourtant, l’apprentissage va devenir plus que jamais une des données incontournables de l’insertion et de la réinsertion professionnelle. Comment se passer du développement d’une vraie culture de la formation en alternance pour accompagner la production et travailler à la mise en œuvre des nouveaux métiers ?

Les entreprises qui réussissent le mieux en matière d’intégration de collaborateurs par alternance expliquent que l’apprentissage, pour être efficace, doit s’inscrire dans une culture commune d’entreprise, cette culture participe pour beaucoup à construire une compétence opérationnelle, quand par opposition, les actions parcellaires ou juxtaposées freinent la dynamique d’insertion professionnelle des jeunes. Il appartient à tous les acteurs de la formation précités de mener une véritable concertation pour construire une compétence opérationnelle au bénéfice du jeune et de son entreprise d’accueil. Pour tous, les bienfaits de l’alternance ne sont plus discutés mais demandent encore des efforts d’organisation pour être mieux exploités. La mise en place d’un tutorat dédié à chaque jeune permettrait de mieux capitaliser sur l’adaptation des compétences aux besoins du poste, de mieux répondre aux évolutions technologiques, de mieux communiquer entre les acteurs et de mieux centraliser l’information.

Dans ce cadre, les compétences des jeunes sont complétées d’aptitudes périphériques telles que le travail en équipe, la communication dans le milieu professionnel et augmentent leur employabilité et leur mise en confiance. Dans certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse ou l’Irlande, l’apprentissage s’inscrit dans le principe même d’éducation des jeunes. Dans ces pays, se former par le biais de l’alternance, voire directement dans l’entreprise, est devenu un processus de l’ordre de l’évidence. Les entreprises allemandes peuvent, entre autres, être agréées par l’Etat pour devenir entreprise de formation. L’Allemagne affichait un taux de chômage des jeunes en 2016 de 6,9% contre 20,5% en France, 43,5% en Espagne et 38,4% en Italie, démontrant ainsi en partie que le taux d’insertion professionnelle et la culture de l’apprentissage bien intégrée sont intimement liés, même si les situations sociales, politiques et économiques des uns et des autres restent différentes.

Pour développer et mieux intégrer la culture de l’apprentissage, l’analyse des situations sur le terrain montre qu’un premier effort doit porter sur l’accompagnement. Les maîtres d’apprentissage en entreprise sont souvent peu ou pas formés pour accueillir et gérer les alternants. Souvent désignés d’office par l’entreprise, ils se trouvent dépourvus face à leur mission. Les tuteurs des apprentis infra bac témoignent de difficultés face à des jeunes parfois mal insérés socialement. Certains doivent dépasser le cadre de leur mission et intervenir pour les aider sur des plans plus personnels. Encore souvent, les contrats en alternance sont, pour certaines entreprises, une politique de gestion des emplois à moindre coût au lieu d’une opportunité de transmission de compétences.

L’absence d’un tutorat structuré oblige le stagiaire à une auto adaptation entre les apports théoriques et ceux de l’entreprise et freine sa démarche d’apprentissage et parasite son apport à la productivité. Mais l’amélioration de l’accompagnement vaut pour les chanceux qui ont pu trouver une entreprise en cohérence avec leur projet car comme il en était question au début les jeunes en recherche de contrat d’apprentissage agissent souvent par eux-mêmes. Ils ne sont pas réellement accompagnés par les professionnels de l’alternance. Certains entament leur cursus de formation en centre sans avoir décroché un contrat. Leur réseau immédiat, famille et amis, à cette étape-là, est souvent leur seule et unique ressource. Doit-on dans ces conditions s’étonner de l’abandon du cursus d’apprentissage par près d’un jeune sur trois comme l’annonçait il y a quelques temps la dernière statistique connue en la matière ?

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